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Y’a des gens, des vrais, qui ont des métiers assez étranges : ils sont payés pour réfléchir à des choses et essaient (ou pas) de se mettre à la place de millions de personnes.
Déjà que, se mettre à sa place à soi, c’est pas si évident mais réfléchir à la mienne de place, ça peut être assez casse gueule, voire super tordu.
Et y’en a un, ben il a complètement merdouillé.
Que je vous explique :Lorsque je suis en déplacement, je dors à l’hôtel, dans une chambre standard-with-single-bed-and-bath-and-moquette-et-télé.
Mes deux besoins basiques durant ces folles nuits d’hôtel sont de regarder un peu la télé le soir et d’écouter beaucoup la musique le matin. L’outil le plus adapté pour ça est donc une télé avec des chaînes variées.
Mais alors quand il faut passer 3 heures à comprendre comment fonctionne la télé et à quel moment on va s’en sortir, c’est juste pas possible.
Rappelons-le : lors des déplacements on se lève tôt, on rentre tard à l’hôtel, et on n’a plus de cerveau tellement on s’est amusé à passer pour la business-smart-working-girl de la décennie. Impossible donc de dédier des neurones à autre chose qu’à des séries télé, type Dr. House.
Alors, voici ma vision des choses pour une soirée hôtelière parfaite :
1. j’arrive dans la chambre d’hôtel,
2. je me fais un bain à la Cléopâtre avec de la mousse jusqu’au plafond
3. je m’allonge sur le lit super molletoné à en faire pâlir les papiers toilettes les plus doux
4. j’allume la télé avec la télécommande
5. je pose mes yeux sur l’image, je suis les raisonnements tordus de mon Dr. House préféré
6. je dors comme un bébé, rassurée par le fait que le Doc il trouve toutes les solutions à tous les problèmes de la terre
Voici maintenant la dure réalité avec intervention du monsieur qui pense (mal) à la place des autres (il s’est amusé à créer une série de menus via des écrans pour bien cibler le besoin du regardeur de télé) :1. j’arrive à l’hôtel chargée comme un mulet avec mon ordi de 3 tonnes (on fait pas du mini-miniature dans toutes les boîtes), mon sac de voyage de 15 tonnes (chuis une fifille), sans compter mon énooooorme sac à main
2. j’enlève mes chaussures cauchemardesquement serrées que même (contrairement à ce que m’a affirmé la vendeuse) elles ont jamais eu l’intention d’être zentilles avec mes pieds
3. j’allume la télé car à 23h30 les copines elles font dodo
(bon, c’est vrai que le monsieur-qui-pense-à-la-place-des-autres il y est pour rien dans ces 3 premiers points mais regardez un peu la suite…)4. et là… c’est juste l’horreur…
5. je tombe sur une série d’écrans qui rythment ma longue agonie…
-l'écran n°1 (appelé aussi écran de préparation à la migraine du siècle) me demande si je suis bien sûre de bien vouloir faire ce que je pense pouvoir demander
-l’écran n°2 me demande de choisir parmi tout un tas de végétation (bouquet TV, bouquet de radios-pré-enregistrées-avec deux-tubes-qui-tournent-en-rond, bouquet coquin, bouquet sexy, bouquet porno)
J’opte bien sûr pour le bouquet TV, persuadée que j’y trouverai mon zentil Docteur House.
Et là, qu’est-ce que je vois pas ?
L’écran n°1bis qui me demande en quelle langue je veux que mon Docteur Maison il me parle,
Et ensuite, l’écran n°1ter qui me demande si je suis bien sûre de vouloir m’envoyer l’épisode 3 de la saison 72 de l’année 2024 de 20h-Hollywood-time..
(A ce stade, autant dire que le Doc, je sais plus où qu’il habite.)
6. Eh bien figurez-vous qu’une fois qu’on a lu tous les 56 écrans, on a juste envie de fermer les yeux et prier pour que notre Médecin-chéri vienne s’occuper de nous directement dans l’hémisphère droit du cerveau, sans passer par le fleuriste et ses bouquets.
Moi, ce que je veux, c’est tout facile à faire :
prenez un objet qui a bercé votre enfance (la télé) et prenez un besoin vital (regarder le Docteur Maison), eh bien en un clic de doigt, je veux que mon besoin soit assouvi, comblé et exaucé.
Si ensuite je décide de regarder mon Doc sur une musique rap avec une dose de dialogues porno, alors oui, je veux bien dans ce cas que l’on me le propose, subtilement, à travers un menu simple à trouver et à utiliser (et je pèse toutes mes lettres).Mais autrement, arrêtons de nous compliquer le système cathodique d’entrée de jeu et gardons les usages de base … à la base… Et lorsque voulu et ardemment désiré, ajoutons le reste, par couches successives, tout en douceur, comme un amoureux saurait y faire.
